Open University of Mauritius : un étudiant conteste ses résultats

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  • Ce dernier ne comprend pas comment il a obtenu un « U » pour sa dissertation de plus de 30 000 mots
  • Kaviraj Sukon (directeur) : « Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité »

Comment a-t-il pu échouer à son examen alors qu’un superviseur évaluait son travail ? C’est la question que se pose H. S., étudiant en Master in Business Administration (MBA) à l’Open University of Mauritius. Ce dernier, qui a obtenu sa licence de la Curtin University à travers le Charles Telfair Institute, fait ressortir qu’il n’est pas un « novice » en la matière et qu’il a travaillé dur pendant deux ans pour compléter cette dissertation. La seule explication que l’Open University (OU) lui a donnée à ce jour est qu’il a « dépassé le nombre de mots ». Au Mauricien toutefois, le directeur de l’institution, Kaviraj Sukon, a déclaré que la dissertation n’était pas « relevant ».

Depuis plusieurs semaines, H. S. multiplie les démarches en vue d’obtenir des explications de l’OU sur la manière dont sa dissertation a été corrigée. Les différents responsables de l’institution lui ont fait comprendre qu’on ne pouvait rien faire pour lui vu qu’il avait dépassé le nombre de mots requis. Or, le jeune homme insiste sur le fait que l’université avait désigné un superviseur pour cette dissertation et qu’il n’a fait que suivre les directives de ce dernier.

C’est ce qu’il a mentionné d’ailleurs dans sa demande pour un « academic appeal » auprès de l’université. Il mentionne ainsi : « Please find attached emails and whatsapp converstions with my supervisor. I constantly sent him my work progress and I was working exactly according to his guidance. » Précisant qu’il avait des doutes lorsqu’il a réalisé qu’il avait dépassé la limite des mots, il en a parlé une fois de plus à son superviseur. «J’ai fait un résumé du chapitre 4 que je lui ai présenté, car j’avais peur que le fait d’avoir dépassé la limite de mots ne joue contre moi. Mais le superviseur m’a dit que cette version serait incomplète et ne voulait pas dire grand-chose. Il m’a conseillé d’aller de l’avant avec la version longue, vu qu’il y avait des analyses à présenter. Il m’a aussi donné des directives pour réduire le nombre de mots et je les ai appliquées. C’est donc lui, le superviseur de l’université, qui m’a donné le feu vert pour aller de l’avant avec cette version. »

Le jeune homme dit ne pas comprendre non plus comment on peut sanctionner un étudiant pour une limite des mots alors qu’il a abattu un travail de deux ans. « J’aurais accepté si on m’avait donné un “C” ou un “D” pour le sanctionner, mais non pas un “U”. De plus, j’ai demandé à l’université de me dire quels sont les chapitres que j’ai mal faits, mais personne n’a été en mesure de me répondre. »

Le jeune homme se demande s’il n’a pas plutôt été pénalisé parce que son nom avait été cité dans un courriel au chef du département faisant état des difficultés à rencontrer le superviseur. On peut ainsi lire dans ce courriel : « If a supervisor has taken a commitment to be a supervisor – he is getting an amount of money for that. Then, he must comply with the responsibility of a supervisor. » L’étudiant a même pris la peine de mentionner dans son courriel : « Gérez ce problème diplomatiquement. Je dois encore travailler avec ce superviseur et je ne veux pas ruiner cette relation. Mais j’avais besoin de votre aide afin que la communication se fasse plus rapidement avec lui. »

Dans ses multiples démarches, H. S. est parti à la rencontre de la chef du département, Assodah Tirvassen, du président du conseil d’administration, Rajeshwar Duva Pentiah, de même que du directeur de l’OU, Kaviraj Sukon, mais aucune solution n’a pu être dégagée. L’étudiant continue donc à multiplier les démarches pour corriger ce qu’il estime être une injustice.

Sollicité sur cette affaire, Kaviraj Sukon a confirmé être au courant de ce cas. Toutefois, au Mauricien, il n’a pas évoqué la question de limites de mots. « L’étudiant dont vous parlez a obtenu un “U” pour sa dissertation car celle-ci n’était pas “relevant”. Il est venu me voir et nous avons même pris un modérateur indépendant à nos frais pour revoir le papier, mais la note est restée la même. » Interrogé sur la limite de mots, le directeur de l’OU a ajouté : « Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Si la dissertation n’est pas “relevant”, il ne peut avoir une bonne note, peu importe le nombre de mots. »
Pour ce qui est du rôle du superviseur dans cette affaire, Kaviraj Sukon répond : « Le superviseur est là pour donner des directives. Mais si le travail n’est pas bien fait, il ne peut être tenu pour responsable. Ce n’est pas bien de vouloir jeter la faute sur lui. »

La note finalement revue

Nous avons appris hier soir que l’Open University a finalement décidé de revoir la note de H.S. Sa dissertation est finalement passée d’un « U » à un « D », lui permettant du même coup, de décrocher son diplôme. Il a même été invité à la Graduation Ceremony, la semaine prochaine. Pourtant, la semaine dernière, le directeur de l’institution, Kaviraj Sukon, nous avait bien fait comprendre que la dissertation n’était pas « relevant ».



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Le Mauricien