[Faits Divers] “Sorcier malbar” soupçonné d’emprise sectaire à Saint-André : le permier cercle du gourou présumé en garde à vue

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Six mois après la mise en examen de Jean-Claude Marcel, un Saint-Andréen soupçonné d’abus de faiblesse et de viols au sein de son groupe de prière, c’est au tour de son cercle proche d’être entendu par la police. Sa compagne, sa maîtresse et le mari de celle-ci ont été placés en garde à vue.

Le 8 juin dernier, la justice ouvrait une information judiciaire à l’encontre de Jean-Claude Marcel, un colosse saint-andréen de 46 ans au charisme certain, soupçonné de viols et d’abus de faiblesse dans le cadre d’un groupe de prière qu’il fréquentait et animait depuis près de 20 ans.

Mis en examen, ce dernier était libéré mais placé sous un contrôle judiciaire strict. Depuis, les enquêteurs de la brigade criminelle de la sûreté départementale ont étoffé leur dossier et s’intéressent désormais à son cercle proche. Et mardi, trois personnes ont été placées en garde à vue au commissariat Malartic dans le cadre de cette instruction.

Il s’agit de la compagne de Jean-Claude Marcel, infirmière de profession, et d’un couple d’amis proches qui aurait longtemps hébergé le gourou présumé dans le Sud, à Saint-Louis. L’homme, qui travaille dans le bâtiment, et sa femme, qui aurait entretenu une relation intime avec le “sorcier”, sont interrogés notamment sur les multiples et importantes sommes d’argent qu’ils auraient perçues de la part des plaignants, huit ayant initié l’affaire en avril dernier par l’entremise de leur avocat, le bâtonnier Georges-André Hoarau.

 

COMPLICES OU ADEPTES ?

 

On parle ici de sommes importantes, plusieurs milliers d’euros par mois qui, sur près d’une dizaine d’années, dépasseraient les 800 000 euros. Soit au bas-mot la valeur estimée de la magnifique demeure que Jean-Claude Marcel s’est fait construire à Champ-Borne, alors qu’il est officiellement sans profession et, à l’époque, sans compte bancaire. Le couple et son épouse ont-ils prêté leurs comptes bancaires pour récolter les fonds remis par les “fidèles” sous l’emprise psychologique de Jean-Claude Marcel ? Sont-ils eux-mêmes toujours inféodés à leur leader religieux ? Telles sont les questions que se posent les policiers.

Selon nos informations, les suspects dissocient fermement ces sommes d’argent de l’activité du groupe de prière qu’ils fréquentaient. Et reconnaissent au mieux du travail au noir rémunéré par des personnes extérieures au groupe. Quant aux relations sexuelles alléguées, ils contestent en avoir eu connaissance.

Les trois proches du prétendu sorcier malbar devraient être présentés aujourd’hui au juge d’instruction en charge de l’enquête, pour une éventuelle mise en examen du chef de complicité. Ils devraient probablement bénéficier, à l’instar de leur connaissance commune, d’une libération sous contrôle judiciaire.

 

Sébastien Gignoux

 


Prières et gros sous

Surnommé “Claudio” ou “Kameshwara”, l’un des surnoms donnés à Shiva, Jean-Claude Marcel, un Saint-Andréen de 46 ans, est depuis le mois d’avril dernier au cœur d’une délicate enquête sur fond d’emprise psychologique de nature sectaire. Révélée par le JIR en mai 2018, elle démarre sur la plainte de huit personnes se présentant comme membres d’un groupe de prière inspiré d’Amma. Le groupe explique qu’il se fait manipuler depuis la fin des années 90 par ce personnage au charisme certain. Ils l’accusent de viol sur des filles du groupe, mais aussi de leur avoir ponctionné des dizaines de milliers d’euros pour se faire bâtir une somptueuse villa de 400 m2 du côté de Saint-André, voyager en Inde ou rouler en Porsche Cayenne.

Au JIR comme aux policiers qui l’interrogent début juin, le gourou présumé nie tout en bloc, avance la thèse du complot. “Ce sont des inventions destinées à me nuire. On parle de viols, de coups et de vols d’argent pendant 20 ans sans que personne n’ait jamais rien dit. Mais comment j’aurais pu faire ça, ce n’est pas plausible”, déclarait-il dans nos colonnes (le JIR du 26 mai 2018). Il évoque encore “un groupe d’amis partageant une même croyance”, contestant tout ascendant psychologique sur les autres. Depuis, le dossier s’est étoffé avec de nouvelles constitutions de partie civile, notamment celle d’un influent entrepreneur de l’Est qui prétend avoir été délesté lui aussi de dizaines de milliers d’euros.



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clicanoo

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