[Faits Divers] Construction de 46 logements à Sainte-Suzanne : La colère des riverains du sentier Dandin

0
21


Depuis trois mois, les riverains du sentier Dandin dénoncent les nuisances occasionnées par un projet immobilier en cours dans leur quartier. Empiètement de servitudes, risques d’effondrement, sécurité mise en doute, ils envisagent de bloquer l’accès au chantier.

Le quartier de la Butte Bel-Air, à l’entrée ouest de Sainte-Suzanne, a perdu sa tranquillité d’antan. Depuis la fin de la trêve du bâtiment, fin janvier, un vaste chantier de construction a débuté sur deux parcelles bordant l’étroit sentier Dandin, une petite servitude piétonnière qui constitue depuis cinquante ans le seul accès pour une demi-douzaine de maisonnettes complètement enclavées. Le projet de la SCCV Benjamine, destiné à la réalisation de 46 logements pour le compte de la SEMADER, est venu bousculer la vie de ces résidents en commençant par décaisser la butte sur près de 2000 m2 de surface.

Et les riverains de protester contre les nuisances occasionnées par le chantier, qui empièterait sur ce passage les reliant à l’ancienne route nationale. “On ressent d’inquiétantes vibrations dans le sol, tous les meubles tremblent dans mais maison” explique Marie-France, l’une des voisines. “Ces tremblements sont d’autant plus préoccupant que les maisons qui se trouvent en bord de la falaise littorale sont en zone rouge” ajoute Dominique.

“L’autre jour, un gros galet est tombé dans ma cour” déplore une habitante dont la maison se situe en contrebas du site. “Ils commencent dès 6 h du matin alors que l’arrêté n’autorise pas les travaux avant 7h”, indique une autre.

Toute la journée, un ballet de camions et tractopelles vient ainsi perturber la quiétude des riverains. Mais à ces nuisances sonores viennent s’ajouter d’autres griefs. En effet, un conflit oppose le promoteur aux riverains concernant l’utilisation du sentier Dandin. “Ils ont voulu s’approprier le sentier et demandent que les gens passent par l’autre côté, sur le terrain de ma mère”, s’indigne Dominique, qui a fait constater par huissier la dangerosité du sentier déjà fragilisé par le passage de Fakir et aujourd’hui séparé du chantier par un simple grillage. “Cerise sur le gâteau, la mairie leur a fait cadeau de la parcelle qui nous sert à déposer les poubelles”, ajoute la Sainte-Suzannoise.

“DEVANT LE FAIT ACCOMPLI”

Alors qu’une procédure judiciaire est en cours concernant la servitude du sentier Dandin, un autre conflit pourrait apparaître sur l’autre versant du chantier, côté rue Edmond Albius. Le seul endroit où peuvent passer les camions traverse en effet le terrain d’une résidente bien décidée à ne pas se laisser faire. “Ils ont attaqué les travaux sans nous prévenir ou demander l’autorisation de passer. On nous a mis devant le fait accompli”, affirme cette dame qui a fait vérifier le bornage de son terrain par un géomètre.

Du côté du promoteur, on réplique avoir reçu l’aval de la justice sur tous les aspects du projet. “Le recours contre le permis de construire n’a pas abouti et le bornage judiciaire a finalement recueilli l’avis de toutes les parties”, note Me Emelin K/Bidi, l’avocate du maître d’œuvre.
“La justice ne leur ayant pas donné raison, certains riverains du projet de construction ont envisagé de bloquer tous les accès au chantier, fut-ce façon illégale, et quitte pour cela à enclaver les autres voisins qui n’ont rien à voir avec l’opération immobilière” ajoute-t-elle, contestant les affirmations des riverains. “Ils agitent maintenant l’argument de l’empiètement ou de la dangerosité du sentier. Ces arguments n’ont jamais été invoqués jusqu’alors dans les différentes procédures et pendant plus de 30 ans que les lieux existent.” Et de conclure que en rappelant que “la construction a obtenu toutes les autorisations d’urbanisme et la SCCV Benjamine respecte le droit de propriété de chacun. Elle souhaiterait que chacun en fasse de même.”

Sébastien Gignoux

 

 

 



Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: